Trottoirs.eu

Le projet se poursuit… un site se met en place, ici… j’ai suivi deux écoles, de chaque côté de la frontière, une d’Armentières, une de Kortrijk, qui se sont rencontrées sur le projet Sisyphes de Julie Nioche. Ai écrit un texte, sans recul. Aucun. Ni retouché. Un texte écrit durant les applaudissements. Comme un rendu ne prenant pas le temps de sortir de l’émotion. Voila ce que cela donna.
“C’était beau, plein de jeunesse, de futur, d’énergie, un flot, une onde, là donnée, et puis l’arrêt, on aurait presque envie que non, que ça ne s’arrête pas, et pourtant l’épuisement doit être présent, là, en face, et pourtant… et si ce n’était que ça, la beauté d’une jeunesse, unie, ensemble, qui se donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, donne, comme une vieille utopie ravivée, là, renaissante, le temps d’une chanson… on a envie que ça ne s’arrête… pas… jamais…
…même les portes en bois dans le fond de la scène ne se sont pas ouvertes, refusant la sortie de tous, tous bloqués, là, leurs visages exténués… heureux de s’être donné, complétement, au jeu. A la scène.
Et au public qui le lui rend bien.
Rien à envier à certains professionnels.
Et moi j’ai vaguement essayé, tenté, d’attraper cette énergie commune, de couleurs, de visages, d’entre-deux, d’enfants, de futurs et n’ai fait que des photos floues où les corps se fusionnent en un mouvement unique, de teintes, de couleurs et de fantômes.”
Quelques photos tentant de rendre, la perte progressive des corps, en énergie…




Le choix dans la série est difficile, le diaporama est tentant. Si temps…
Et puis, après le spectacle, une parade, dans les rues de Courtrai. Quelques photos encore, d’ambiance. Et sur le chemin du retour, vers la gare, une façade oubliée, celle d’un photographe qui fit mon portrait, à Lille, à l’Arbre à Lettres. Dominique Houyet. J’avais écrit un petit texte, une histoire d’oeil encore. Ici. Lui, je me souviens, avait fait de très jolies photos dans les années 70, que j’aurais bien éditées si j’avais été plus en fond, des photos… était-ce du Congo, belge, ou de l’Angola, portugais?
C’est étrange ces souvenirs qui remontent, comme ici, dans le hall du vivat. Lorsqu’un atelier origami vire au chantier naval. Me souviens de mon installation, au même endroit, papiers froissés, maison et jeu de miroirs… l’installation se nommait “Dans mes petits papiers”. Un hommage à Lord Alfred Tennyson, à The Lady of Shallot, au Beffroi et ses corbeaux… une histoire de barque, flottante…

Ou alors, là, sur le plateau du vivat… allongé par terre, cherchant un angle, pour la troisième fois. Les deux premières, j’étais photographe de plateau pour Tiago Guedes.
Luttant, lors de la seconde fois, avec le peu de lumière indirecte laissée par Caty Olive dans Coisas Maravhilosas. Au même endroit.
Et les souvenirs chargent le présent. Une des élèves, par l’afro de sa coupe, ressemble à Marlene Freitas, qui se tenait là quatre ans avant. L’espace a de multiples dimensions…

